La direction a choisi, en 2019, de s’adresser directement au personnel du Siège de VNF pour faire passer les messages, voire les pilules. Lors de la cérémonie des vœux ainsi que lors d’une réunion d’information en février sur l’actualité de l’établissement suivi d’un temps de questions-réponses, elle a insisté sur la nécessité de « cranter » sur tous les sujets.

Afin de mieux comprendre cette notion de cranter, nous vous proposons une version améliorée, pardon, crantée des échanges :

  • Les budgets d’investissement ne sont pas au rendez-vous dans le budget ? Nous allons cranter dans la prochaine version de la loi LOM pour en avoir plus.
  • Est-ce que le COP arrive bientôt ? Nous sommes en train de cranter les derniers détails avant de les expliquer à tous les cadres de l’établissement en mars lors de séminaires.
  • Quel est l’avenir du service informatique du siège ? La DRHM sera crantée prochainement, une nouvelle direction de l’informatique indépendante devant s’occuper de l’« informatique industrielle et bureautique ».
  • Quelles sont les nouvelles de la prime de fin d’année ? L’État n’a pas accordé de prime aux établissements publics, il ne sera donc pas possible de la mettre en œuvre à VNF. Sur ce point, il s’avère que la CNAF (EPA dont dépendent les CAF) a obtenu des fonds pour négocier…

La direction se veut donc réformatrice et cet exercice de communication est l’illustration, d’après elle, de sa volonté de dialogue. Si les personnels ont tous entendu que « la porte du DG était toujours ouverte », ils ont aussi entendu l’autre message de la direction rappelant qu’il ne faut pas trop se plaindre car « il y a des situations pires ailleurs ».
On ne crante pas à tous les coups…

Le salarié ayant cranté
Toute l’année
Se trouva fort dépourvu
Quand l’entretien fut venu :
Pas un seul petit morceau
De CIA ou NAO.
Il alla crier famine
Chez la DG sa voisine
La priant de lui prêter
Quelque argent pour évoluer
Jusqu’à ce qu’il progresse
« Je vais cranter sans cesse
Même la nuit, sans intervalle
Sans me soucier des conditions sociales. »
La DG n’est pas prêteuse ;
C’est là son moindre défaut.
« Que faisiez-vous en dépassement ?
Dit-elle à la masse laborieuse.
– Nuit et jour à tout venant
Je crantais, ne vous déplaise.
Vous crantiez ? j’en suis fort aise :
Et bien écrêtez maintenant.