MODERNISATION DE VNF : ACTE I – 155 sites dans le viseur : quand la modernisation menace le quotidien
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La première brique de la modernisation, c’est la fermeture programmée de 155 sites – PCC, CMI, points d’appui – d’ici 2026, avec à la clé une centralisation du pilotage et des fonctions supports. Présentée comme un ajustement organisationnel, cette “rationalisation” aurait pu se traduire par des déménagements imposés, la perte de NAS, des temps de trajets explosifs et un découplage encore plus fort entre centres de décision et réalité du terrain.
Pour la CFDT-VNF, il était hors de question de laisser passer un tel projet sans garde-fous. L’objectif n’est pas de s’arc-bouter sur chaque site à tout prix, mais de refuser que la modernisation se fasse à coups de vies bousculées et de conditions de travail dégradées.

Des garde-fous arrachés sur les fermetures de sites
À force de pression et de travail de fond, la CFDT-VNF a obtenu des accords de principe qui changent la donne mais qui restent à contractualiser dans un accord.

D’abord, une règle claire :
au-delà de 5 km/ 15 mn aucun site comptant quatre personnels ou plus – tous statuts confondus, CDD inclus – ne pourra fermer sans l’accord de l’ensemble des agents concernés Autrement dit, la Direction ne pourra pas se contenter d’un simple tableau Excel pour rayer un site de la carte.

Ensuite, la clause du grand-père pour les NAS est maintenue. Cela signifie que les agents qui bénéficient déjà d’un logement lié à leurs fonctions ne se verront pas retirer ce droit au détour d’une réorganisation.

Autre point clé : dès qu’une mutation dépasse 30 kilomètres ou 30 minutes de trajet, une concertation et l’accord de l’agent devient obligatoire.
Et si les personnels ne sont pas d’accord, le principe est le maintien du site. On ne pourra plus décider, depuis un bureau, qu’un agent “peut bien faire un peu de route”.

La Direction s’est également engagée à réaliser des études d’impact RH avant toute fermeture, avec une consultation du CSA local.

Et surtout, sur un sujet très sensible, la CFDT-VNF a obtenu la garantie du maintien d’une partie de la maintenance en interne, sans externalisation généralisée, ainsi que des conditions d’accueil dignes sur les sites de repli.
Zéro mobilité imposée : de la promesse politique à l’accord AMG
Lors de la création de l’EPA, la CFDT-VNF avait déjà obtenu un engagement de principe : le Zéro Mobilité Géographique Imposée, renouvelé à chaque directeur général. Sur le papier, c’était un pilier du pacte social. Dans la pratique, des fermetures de sites ont commencé à se produire, avec des mobilités plus ou moins subies.
Face à cette réalité, nous avons cessé d’aligner les protestations de principe pour exiger un cadre négocié : c’est le sens des discussions autour de l’Accord Mobilité Géographique (AMG), nouveau nom du ZMGI. En attendant sa signature, les organisations syndicales ont obtenu, là aussi, un engagement politique : aucune fermeture de site ne sera réalisée.

Ce que la CFDT-VNF exige encore sur l’Acte I
Les garanties arrachées ne suffisent pas à solder le dossier. La CFDT-VNF porte encore plusieurs revendications claires autour de l’Acte I et l’ensemble de ces garanties doivent être contractualisées dans un accord :
• Nous demandons d’abord le ralentissement du calendrier de fermetures. Quand on joue avec les lieux de travail et les vies personnelles, on ne déroule pas un planning. Il faut du temps pour étudier les impacts, construire des solutions, organiser des accompagnements collectifs.
• Nous exigeons ensuite la transparence totale sur la liste des sites concernés. Les personnels ont le droit de savoir ce qui se prépare pour leur lieu de travail et de ne pas l’apprendre par fuite, rumeur ou plan PowerPoint tombé d’on ne sait où.
• Nous insistons aussi sur la revalorisation des métiers de maintenance, en première ligne dans cette modernisation. Si VNF veut continuer à assurer un service public de qualité, ce ne sera pas en fragilisant ceux qui maintiennent le réseau en état de marche.
• Enfin, nous revendiquons un accompagnement collectif des mobilités, incluant des garanties très concrètes, jusqu’à des demandes de stationnement garanti pour les agents impactés. Parce qu’une mobilité, ce n’est pas qu’une flèche sur une carte : c’est aussi du temps de trajet, des coûts, de la fatigue.
Des missions révisées si les moyens ne suivent pas
Dans le contexte politique actuel, la CFDT-VNF ne se contente pas de discuter site par site. Devant les tutelles du conseil d’administration, nous avons demandé un calendrier actualisé en fonction des orientations réelles de l’établissement et une révision des missions de VNF dans le cas où les moyens – humains, techniques, budgétaires – ne seraient pas à la hauteur des ambitions affichées dans le COP.
En clair : si les moyens ne suivent pas, il faudra avoir le courage de dire ce que VNF peut encore faire… et ce qu’il ne peut plus assurer correctement.
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