Météo extrême : votre sécurité mérite des règles claires

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Les épisodes météorologiques extrêmes se multiplient et imposent d’adapter l’organisation du travail. Pour y répondre, VNF a présenté un nouveau guide destiné à accompagner les services confrontés à ces situations.
La CFDT-VNF partage pleinement cet objectif. Mais un guide n’est réellement protecteur que s’il définit clairement les responsabilités de chacun, les règles applicables sur tout le territoire et les droits des personnels. C’est à l’aune de ces exigences que nous avons analysé ce projet en CSSCT Centrale.
Ce que prévoit le dispositif
Il repose sur deux piliers :

D’abord, une alerte interne — notamment par SMS — déclenchée à partir des vigilances de Météo-France.

Ensuite, un guide destiné à aider l’encadrement à évaluer l’impact des événements sur les activités et à choisir les mesures de prévention.
Sur le principe, c’est un vrai progrès. Anticiper, prévenir, alerter : tout le monde y gagne.
Mais des trous dans la raquette
Premier oubli et il fait grincer des dents quand on travaille dehors l’hiver : le grand froid n’est pas pris en compte. La direction explique qu’il ne figure pas dans les vigilances officielles de Météo-France. Soit. Mais geler sur une berge ne devient pas confortable parce qu’aucune carte n’est colorée. La CFDT-VNF a donc demandé des seuils d’alerte clairs, notamment de température, et que les niveaux de risque par activité figurent dans le guide — pas reléguées en annexe que personne ne lira au moment d’agir.
Nous avons aussi pointé des mesures de prévention trop floues :

L’usage des deux-roues,

Les travaux en hauteur,

Les déplacements,

Les chantiers où l’on glisse dès qu’il pleut, par vent violent, orage, forte pluie, neige ou verglas.
Et plusieurs cotations carrément incohérentes — pluie/inondation, suivi de chantier, déplacement en véhicule léger en vigilance rouge. La direction a reconnu des erreurs et s’est engagée à reprendre le document.

Le vrai sujet : qui décide ?
C’est là que le bât blesse. Tel qu’il est écrit, le guide laisse une part énorme à l’appréciation de l’encadrant local. On continue ? On adapte ? On arrête ?
Imaginez la position : un chef d’équipe, seul, qui doit trancher entre la sécurité de ses agents et la pression de la mission.
La CFDT-VNF a exigé un cadre national qui précise, selon le niveau de vigilance, les activités pouvant être poursuivies, adaptées, reportées ou interrompues — et distinguant clairement les missions vitales (sécurité des personnes) des activités qu’il faut suspendre. Même logique pour la vigilance jaune : aujourd’hui, on vous demande « d’être attentif » … sans même prévoir d’alerte pour vous prévenir que vous y êtes.
Travail isolé, astreintes, trajets : les angles morts
Quand le risque augmente, rester seul, sous astreinte ou sur la route domicile-travail expose davantage. La CFDT-VNF propose d’arrêter ou de réorganiser les activités isolées, de basculer en télétravail ou en mode dégradé ce qui ne relève pas de la sécurité des personnes et des biens, de créer une cellule de crise et des journées « intempéries ».
Et concernant les trajets, une simple « sensibilisation » ne suffit pas : quand le danger est là, le maintien à domicile doit être clairement prévu.

Et surtout : vos droits
Le guide ne disait pas un mot du droit d’alerte ni du droit de retrait. Nous avons exigé qu’ils y figurent noir sur blanc, avec la marche à suivre pour les faire valoir. Parce qu’un droit qu’on ignore, ou qu’on n’ose pas utiliser, ne protège personne. Souvenez-vous : si une situation vous met en danger grave et imminent, vous avez le droit de vous mettre en sécurité, sans crainte.
La direction retravaillera ce guide avec le réseau prévention et la DIEE, en y associant le secrétaire de la CSSCT Centrale. Parce que face aux intempéries, aux fortes chaleurs ou au grand froid, la sécurité des personnels ne peut dépendre ni du territoire où ils travaillent, ni de la seule appréciation d’un manager confronté à une décision difficile.
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