800 collègues sans médecin du travail : Ce que cache un beau pourcentage

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Commençons par la bonne nouvelle, parce qu’il y en a une. La couverture médicale à VNF a fait un vrai bond : 62 % en 2023, 65,69 % en 2024, et 79,45 % en 2025. Davantage de personnels sont rattachés à un médecin du travail. C’est une dynamique positive et la CFDT-VNF l’a saluée le 18 juin.
Mais derrière ce chiffre qui rassure, il reste une réalité qui inquiète.
Environ 800 d’entre vous n’ont toujours pas de médecin du travail
800 collègues pour qui une douleur qui s’installe, une exposition à un risque, un poste à adapter, peuvent rester sans réponse médicale. Or — la CFDT-VNF l’a rappelé fermement — la médecine du travail n’est pas une option : c’est une obligation de l’employeur. L’absence de médecin ne fait pas disparaître cette obligation. Nous avons donc demandé : parmi ces 800 agents, combien sont exposés à des risques particuliers ou nécessitent un suivi renforcé ? Ce sont eux qu’il faut identifier en priorité, même si l’obligation s’applique pour toutes et tous.
La téléconsultation, oui — mais pas n’importe comment
Les visites médicales en visioconférence se développent. Pourquoi pas : cela peut réduire les écarts entre territoires. Mais la CFDT-VNF a rappelé un exemple vécu en DT Centre-Bourgogne : une téléconsultation déroulée dans un bureau, des collègues passant à proximité.

Vérifier sa vue, sa tension,

Parler de sa santé entre deux portes,

Sur un poste informatique non prévu pour ça…
Ce n’est pas une visite médicale, c’est une mise en danger de la confidentialité et cela ressemble davantage à une visite de bonne conscience pour répondre aux obligations plus qu’un réel souci de la santé des personnels.
Nous demandons un cadrage clair, et la possibilité d’orienter les personnels vers des lieux adaptés et équipés, comme certaines pharmacies.

Trouver des solutions, vraiment
VNF travaille avec environ 90 médecins du travail, ce qui complique le suivi et la consolidation des données. En l’absence de médecin, l’établissement peut orienter en urgence vers un médecin agréé — mais celui-ci n’a pas les mêmes compétences, notamment pour les aménagements de poste.
La CFDT-VNF a donc proposé deux pistes concrètes :
- Étendre cette possibilité aux visites périodiques,
- Permettre aux médecins déjà sous contrat de prendre en charge d’autres personnels non suivis, au besoin par téléconsultation.
Nous avons aussi rappelé que l’employeur peut se retourner vers les services de médecine du travail défaillants. VNF ne l’a jamais fait. La direction l’a reconnu, tout comme l’existence de marges de progrès.
Au-delà du nombre de visites
1 628 visites ont été réalisées en 2025 pour 1 326 personnes. Un chiffre brut qui ne dit rien de l’essentiel.
La CFDT-VNF demande que les prochains bilans apportent des réponses précises aux questions suivantes :
- Quels délais pour obtenir une visite ?
- Quelles suites données aux préconisations médicales ?
- Combien d’aménagements, de reclassements, de situations d’inaptitude évitées ?
- Pour les visites demandées par les personnels eux-mêmes – souvent un signal d’alerte – quels résultats concrets ?
Un pourcentage ne vous ausculte pas. Il ne prévient pas une inaptitude. Ce que la CFDT-VNF défend, ce n’est pas une statistique qui progresse, c’est un suivi médical réel, pour chacun d’entre vous, où que vous travailliez.

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