Siège : Le lundi, c’est café avec Thierry


On voit les multiples réunions qui se profilent, on redoute les mails qui vont s’accumuler très rapidement, on se demande combien de temps nous allons devoir passer en visio chaque jour… Et bien rassurez-vous, la DG a la solution pour vous mettre de bonne humeur dès le matin avec le concept de work café (à croire qu’en anglais ça donne un crédit plus sérieux qu’en français) ! Le concept est simple, vous vous réunissez dans le hall avec vos collègues de votre direction et vous pouvez parler avec votre DG (et votre hiérarchie), dans le cadre d’un moment de convivialité. L’ambition est de reconstruire et renforcer la communauté de travail, suite aux multiples épisodes de la crise sanitaire, et la direction a institué ce nouveau concept tous les lundis matins avec une des directions du siège, à tour de rôle voire en les mixant.

L’idée peut être bonne, notamment si celle-ci permet réellement des libres échanges, de mieux connaitre ses équipes et par la même occasion d’entendre le quotidien des personnels et parfois les difficultés auxquelles ils sont confrontés. De passage uniquement les lundis et très souvent au second étage et en réunion, le DG se sentirait-il coupé de sa base (ou a-t-il lui aussi des lundis difficiles) ? Les alertes successives sur des difficultés du quotidien, relayées par les organisations syndicales, auraient-elles fini par inciter le DG à prendre la température au plus près du terrain ? Connaissant son appétence pour le dialogue social, sa préférence au discours descendant et à la prise de décision unilatérale, nous ne pouvons que souhaiter qu’il saura être à l’écoute des personnels qu’il rencontrera, à l’inverse de ce qu’il a pu faire avec les représentants du personnel depuis son arrivée.

Les difficultés pour pourvoir les postes vacants, pour obtenir les moyens nécessaires à la multitude d’objectifs donnés aux personnels, l’absence de moyens pour les valoriser et reconnaitre leur investissement quotidien, les difficultés découlant d’une inflation grandissante et des prix de l’énergie qui deviennent fous seront peut-être également évoqués dans ces discussions du lundi matin. Faute de l’entendre par les représentants du personnel, peut-être qu’il y sera sensible et à l’écoute des personnels. Encore faut-il que ces sujets fassent l’objet de ses interrogations et que l’occasion soit donnée aux personnels d’en faire part, car quand on ne veut pas entendre la réponse, on ne pose pas la question, et ça le DG l’a bien compris.

Compte tenu de la crise sanitaire, les vœux cette année se sont tenus 3 mois plus tard ! Vu la date, nous avions émis le souhait que le DG puisse, non pas se limiter à un bilan valorisant ses actions et celles de son COMEX, mais annoncer de bonnes nouvelles aux personnels. Sans surprise, cela ne fut pas le cas et les points négatifs dans le bilan 2021 sont restés sagement au placard comme l’incapacité à défendre les effectifs de VNF, l’échec de la négociation salariale obligatoire de 2021 et l’absence de revalorisation salariale des personnels plus généralement. Bien que ces derniers tirent la langue devant les hausses permanentes des prix sur les produits du quotidien et de première nécessité, les premiers cafés du lundi ne semble pas encore avoir permis au DG d’entendre et de comprendre les nombreuses attentes.

Formulons donc, à notre tour, le souhait tardif que le DG aura gardé la primeur de ces surprises au bénéfice des personnels pour ses annonces aux représentants du personnel. Ainsi, peut-être que cette fois, tout sera mis en œuvre pour conclure une NAO riche et positive avec des moyens suffisants et en corrélation avec l’inflation annoncée entre 3,7 % et 4,4 % pour 2022. Si après des années, la ministre du Travail a enfin donné suite à la demande répétée des organisations syndicale de mettre fin au gel du point d’indice, nous ne savons toujours pas à ce jour de quelle façon se fera le dégel, ni quand ni combien… Décidément, ce gouvernement et leurs nominations aux postes clés cultivent le goût du suspense…

Espérons que, pour changer, ils parviennent à une « happy end », ce qui permettrait de conclure cet article par un bon anglicisme si cher à notre direction.